mardi 23 mai 2017

Chronique : RICHMOND SLUTS + The DARTS + KING DUDE + COWBELL



The RICHMOND SLUTS
60 cycles of love, LP, CD, Digital
Rock Box Rds / Mauvaise Foi Rds / Beast Rds
Parfois le R’n’R réserve de ces belles histoires… Les Richmond Sluts c’est un putain de 1er album puis un split et presque 15 ans après un retour en force avec un disque encore plus brillant !
Qui plus est avec une sortie française via Beat Rds et Mauvaise Foi Rds. La Class !
Musicalement le quintet californien montre ici son amour du Garage 60’s, du Heavy
70’s, du Boogie, du High Energy R’n’R, du Glam en balançant un grand album de Rock intemporel !
La pochette est elle-même parfaitement réussie et vous plonge immédiatement dans l’ambiance crépusculaire… Parfois les Richmond Sluts font preuve de mélancolie mais le plus souvent ils balancent un grand coup de pied au cul pour vous faire tailler la route jusqu’au meilleur rade du coin afin d’allé suer au son d’un vrai gang de maniaque.
Les duels guitare / orgue sont fins mais brutaux quand il s’agit de l’être. Et les voix sont comme on souhaiterait toujours les entendre : veloutées, puissantes et chaudes !
Comment dire : le super pied bébé !
[BT]
En concert : Dimanche 28 Mai : RICHMOND SLUTS (Garage Rock, Usa) + KIM SALMON (Légende du Rock australien), au Thunderbird Lounge, à Saint Etienne
Et :
Mercredi 31 Mai : RICHMOND SLUTS (Garage Rock, Usa) + JAK’S (Garage Post 90), au Trokson, à Lyon. Entrée libre. After au Bootlegger avec DJ El Tornado


The DARTS
S/t, LP, CD, Digital
Dirty Water Rds
Attention ce disque est un piège, et ça commence dès le titre d’intro : début avec un gros son de basse bien gras, arrivent l’orgue avec son son 60’s mais travaillé et éloigné des clichés, puis c’est la voix et pan ! Vous êtes agrippé.
D’ailleurs ce qui est réussi (et c’est loin d’être la seule chose sur cet album inaugural) : c’est le gros travail sur les voix, leur répartition et leur étalement, l’équilibre entre elles.
D’ailleurs la prod’ s’il n’est pas hyper visible il est très précis mettant en valeur chaque chanson.
Car les Darts composent des chansons qui savent se distinguer les unes des autres. Dans un esprit Garage mais très ouvert. Avec donc un gros son de basse limite Grunge, des mélodies très Power Pop et un état d’esprit résolument moderne mais qui respect le passé.
Les 4 filles ont un très gros background jouant ou aillant joué dans pléthore d’excellents groupes de la scène et elles mettent leur savoir-faire au service de chansons (dont une grosse poigné sont des instant hit) qu’elles jouent avec un entrain ultra emballant !
[BT]
En concert : Lundi 29 Mai : The DARTS (All girls Garage Super Band) + SOULSHAKE DIRTY (R’n’R) + ESCOBAR (Punk Garage), au Thunderbird Lounge, à Saint Etienne


KING DUDE
Fear, LP, CD, Digital
Ván Rds
Comment qualifier la musique de cet album ?
Death Country + Weird Folk + Indie Rock + Blues trash façon one man band (le gars qui fait ça est seul en studio, sur scène ils sont trois) + un poil d’electronic cheap façon Suicide… bref ce disque ne dépareillerait pas chez Voodoo Rhythm ou Kizmiaz Rds… alors qu’il est sur un label plutôt marqué Metal et que le disque est produit par Bill Rieflin (Ministry, Swans, Pigface…) ce qui ne s’entend pas vraiment vu que le son est très ‘naturel’, limite brut.
Le gars a une bonne voix qu’il utilise intelligemment pour la mettre au service de ces 12 chansons, qui auraient pu être enregistrées par un petit malin de San Francisco ou de Brooklyn, tout autant qu’au fond du studio de Tav Falco.
La musique de King Dude évoque tour à tour les grands espaces et l’enfermement mental. Et il semble tout aussi contemporain qu’absolument atemporel ! Un exploit.
Un album passionnant et aussi surprenant.
Bref un truc qui sort du confort habituel.
King Dude a déjà publié 3 albums avant celui-ci alors que moi je le découvre. Ainsi que pas mal de 7’’ & EPs dont un en compagnie de Chelsea Wolf. Il tournera en septembre aux Usa avec Earth… voyez sa musique peut toucher un paquet de gens différents. Laissez-vous tenter ! Vous ne le regretterez pas !!!
[BT]
En concert : Mercredi 31 Mai : KING DUDE (Weird Americana, Usa) + Y.BLUES (Heavy Blues), au Brin de Zinc, à Chambéry – Barberaz


COWBELL
Haunted Heart, LP, CD, Digital
Damaged Goods
J’aime vraiment énormément ce duo mixte anglais. Et leur 3ème album est une merveille d’équilibre. Musicalement il/elle sont loin de tout ce qui se pratique trop dans cette formule duo. On est loin de la resucée Blues Trash habituelle.
Cowbell font une sorte de revisitation du Rockabilly qu’il/elle modernisent à font les manettes. Et le percutant à coup de Doo-Wop, thérémine, orgue, tambourin et maracas... Soul et R&B viennent enrichir leur musique. Qui est comme vous l’avez compris très varié avec une instrumentation foisonnante, une écriture très fine et une interprétation toute en légèreté pour mettre en valeur ces chansons.
Au niveau des ambiances on alterne entre late 40’s, 50’s et bien sûr les Sixties. Et je dis bien les !
Cet album est vrai régal pour les oreilles pour peu que vous ne soyez pas trop coincé dans une chapelle précise.
[BT]


mardi 9 mai 2017

Chronique : COLMAN GOTA + ORVAL CARLOS SIBELIUS + AGAINST ME!



COLMAN GOTA
Fear The Summer, CD, Digital
Buchiplima
3ème album en 3 ans pour l’ex Insanity Wave, et c’est peu dire que la qualité ne baisse pas. Car voici largement son meilleur disque solo !
Vous aimez la Power Pop, le Rock éternel, la Pop grand teint et même certaines musiques de films élégantes des 40’s & 50’s alors vous vous retrouverez dans ce Fear The Summer.
Le song writing est remarquable les chansons coulent d’elles même et vous bercent ou vous emportent selon leurs moods… Quant à l’interprétation de ce projet entièrement élaboré en studio ça rappel le meilleur de ce qu’on pu faire Dwight Twilley, Tommy Keene voir Mattew Sweet.
C’est de ce niveau de performance que je vous parle ! c’est pas rien croyez-moi ! Vous devriez mettre vos 2 oreilles sur cet album ! Monsieur Colman assume des influences comme Tom Petty et les Remplacements la class quoi, et il s’en montre totalement digne !
Dispo sur Itune, Spotify et Amazon
[BT]


ORVAL CARLOS SIBELIUS
Ordre et progrès, LP, CD, Digital
Born Bad Rds / L’Autre distribution
J’avais bien aimé l’album précédent du gars Orval… cependant je trouvais qu’il avait du mal à s’extraire de la très (trop) pléthorique production estampillée Psyché.
Avec ce nouvel album on entre clairement dans une autre dimension !!! Le passage au chant en français y est pour beaucoup (je vois d’ici les grincheux qui vont l’accuser de vouloir surfer sur le succès de La Femme et des Liminanas) mais ça n’est pas le seul élément qui concours à faire de ce disque une réussite !
La musique y est pour beaucoup !
Ample et très variée dans ses inspirations : musique de films, Pop sixties luxuriante, Kraut Rock et peut-être même Progressif. Mais toujours dans un esprit qui fleure bon le Garage Punk pour la niak et la concision des compos et la Pop Psychédélique pour l’efficacité des mélodies et des chansons.
Basculer vers un chant tout en français était un risque (tant on a du s’infuser des tacherons de poètes du fond de la classe) cependant les textes souvent ironiques sont parfaitement adapté aux morceaux sur lesquels ils sont posés ! Chanté en français est souvent un exercice difficile du fait de la longueur des mots & des phrases (sans parler du piège de la production variétoche avec la voix trop en avant dans le mix), mais là il n’en est rien !
Et je me régale de cet album impeccable de bout en bout !
[BT]


AGAINST ME!
Shape shift with me, LP, CD, Digital
Total Treble
On ne va pas ce mentir si le groupe n’avait pas été programme à la Belle Electrique je ne me serais pas vraiment penché sur cet album. Et j’aurai fait une erreur énorme !
Ça fait quand même longtemps que je vois passer le nom de ce groupe mais comme je l’associais (à tord) à la scène Hard Core mélodique je ne suis jamais allé jusqu’à écouter leur musique !
Bon alors voilà musicalement dans cette album j’entends : du Punk Rock dans l’esprit 77 revisité par les américains (Social Distorsion) de la Power Pop acérée et ciselée, du Celtic Punk, du Rock américain grand teint, de la Pop musclé, de l’Indie Rock 90, du Folk Punk aussi (apparemment c’est comme ça que le groupe a commencé). En tout cas j’entends surtout un putain de grand groupe avec une très forte personnalité et un song writing varié et passionnant !
Je vais maintenant m’infuser le reste de leur discographie vu l’extraordinaire qualité de ce Shape shift with me, pour me préparer à leur concert !
[BT]
En concert : Mercredi 7 Juin : The BRONX (Rock Heavy, Usa) + AGAINST ME (Punk Hc Mélo, Usa) + OFF MODELS (Hc Mélo), à La Belle Electrique, à Grenoble


vendredi 5 mai 2017

Chronique : PLAYBOY MANBABY + HEAVY TIGER + MATHIS HAUG + PIERRE RISSIENT

  

PLAYBOY MANBABY
Let it be, LP, CD, Digital
Dirty Water Rds
Ce nouvel album des 6 de Phoenix apporte un gros vent de fraicheur dans la scène estampillée ‘Garage’. D’ailleurs avec un trompettiste et un saxophoniste dans ses rangs le groupe ne rentre pas dans une case prédéfinie et c’est tant mieux.
Outre cette formation atypique il y a ce nom étrange et cette pochette bizarre qui vous indique vers quoi on se dirige : une sorte d’Art Rock tirant vers le Punk bricolé…
Foin de Rock calibré ici. Les Playboy Manbaby aiment sortir du rang avec leurs chansons euphorisantes, sautillant gorgées de testostérone et d’amphétamines… sans que cela se fasse au détriment de la mélodie ! 
Bon si il faut qualifier leur musique disons les B-52’s et Television dans le même local de répétition que les Dickies ! Enfin comme ça pour donner des contours très vagues. Mais aussi donner un niveau de qualité de l’ensemble de ce disque !
Une instrumentation diversifiée, des influences bien large (du Hard Core au Rocksteady, du Hip Hop au Garage Punk et plein de choses entre…), un chanteur dont on se souvient, un song writing qui réussit à garder tout ça très homogène… la vraie grande class !!!!!
[BT]


HEAVY TIGER
Glitter, LP, CD, Digital
Wild Kingdom
Le trio de suédoise réactive le fantôme des Runaways tout en modernisant le son. En effet la production de ce 2ème album est très actuelle, et pourrait même séduire des radios à travers la planète. Ce qui ne serait pas étonnant car cet album contient un maximum de bombes, de pépites et même de véritables tubes comme ce ‘No tears in Tokyo’.
Musicalement Heavy Tiger peut ravir les fans de Power Pop et les accros aux Hard Rock bien produit et à voix féminine. Le chant un peu écorché, gouailleur et limite racoleur et puissamment souteneur par une déferlante de chœurs.
Certes ce disque est avec un son assez ‘clean’ si tant est qu’on soit un accro du Lo-fi. Mais c’est aussi une de ses forces ça permet de mettre en valeur les différentes chansons ici présentent ! Et aussi de prouver que les Heavy Tiger sont aussi des instrumentistes qui savent jouer précis et fin.
Musicalement si vous aimez les Glitter Rock (ben ouai quoi c’est quand même écrit dessus) et aussi les plus mélodieux groupes de la vague High Energy R’n’R scandinave alors vous allez être conquis par cet album !
[BT]


MATHIS HAUG
Wild country, CD, Digital
Nueva Onda Rds / Harmonia Mundi
J’aime beaucoup la musique de ce jeune homme et son nouvel album est très étonnant, frais et me sort du tout-venant.
Mélangeant Blues / Folk / Country / Cajun / Gospel dans une approche pas du tout revivaliste Mathis Haug fait respirer sa musique et prouve que la tradition ça a du bon à condition qu’elle ne confie pas la musique à une accumulation de clichés.
Ce Wild Country montre encore une légère évolution de sa musique qui avec l’adjonction d’un accordéon  adition de nouvelles influences dans ses compositions allant se balader vers la Nouvelle Orléans sans se perdre dans le bayou pour autant. De fait avec sa production claire et aérée ça m’a un peu rappelé certains disques de Daniel Lanois.
Sauf qu’à chaque sortie Mathis Haug prouve qu’il a une grosse personnalité, un vrai song writing et qu’en plus un sait s’entourer de musiciens pour traduire avec précision sa musique.
[BT]


PIERRE RISSIENT
Mister Everywhere
Actes Sud / Institut Lumières, 301 pages, 23 euros
C’est le gros bandeau rouge « Prix Transfuge du meilleur livre de cinéma 2016 » qui a attiré mon œil sur les rayons de la médiathèque Kateb Yacine. Je me suis dit qu’après l’autobiographie de Samuel Fuller ça ferait comme une continuité.
En démarrant la lecture de ces entretiens avec Samuel Blumenfeld je ne connaissais rien de Pierre Rissient. Et comme il a eu une vie extrêmement bien remplie au service du cinéma (des cinémas) je me suis laissé porter jusqu’au terme de l’ouvrage avec bonheur.
Attention ici c’est pointu et fouillé. Monsieur Rissient à fait partit du cercle du Mac-Mahon qui contribuera à définir la cinéphilie ‘à la française’. Puis il fut successivement voir parfois tout en même temps, assistant, réalisateur, producteur exécutif, monteur, facilitateur de tournage… un peu ‘sélectionneur’ pour le Festival de Cannes, il a aussi écrit Losey… à travers 60 ans de passion au service du cinéma et sur les 5 continents (notamment il fut un des premiers parmi ceux qui sont parti en Asie découvrir les différentes productions à travers le continent et ses archipels) Pierre Rissient fut impliqué dans de nombreux secteurs et rencontra ou fit découvrir et redécouvrir de nombreux films et cinéastes.
Sa contribution fut foisonnante et parfois aboutit à des chefs d’œuvres (il fut le producteur exécutif de La leçon de piano, rien que ça !)…
Bref si vous êtes curieux et que vous aimé le CINEMA alors lisez ce livre de passionné pour passionnés.
Pour vous donner une idée de la diversité de sa cinéphilie sachez qu’il y a 30 pages d’index des films à la fin de cet ouvrage !
[BT]
P.S : en plus de cet ouvrage 2 documentaires ont été consacré à Pierre Rissient ce qui dit bien l’importance qu’il tient dans l’Histoire du cinéma

mardi 2 mai 2017

Chronique : The DECLINE! + The ZEMBLAS + ELLI DE MON



The DECLINE
12A, Calvary Road., CD
Kicking Rds / Rural Muzik / Zone Onze / General Strike / Pias
Est-ce que ce groupe n’est pas en train de souffrir de la ‘sophomre jinx’ autrement dit (traduction adaptée à la situation) de la malédiction du  2ème album ? Ce qui serait bien plus que dommage !
Evidement et immanquablement on porte plus d’attention à un groupe qu’on découvre avec son 1er disque. Et quand le suivant arrive, l’effet de surprise ne jouant plus peut-être écoute-t-on moins attentivement. Bien sûr il y a aussi la surproduction actuelle qui fait s’empiler les nouveautés plus ou moins intéressantes…
Résultat cet album est un peu passé sous la pile après 3 écoutes rapides. Mais quand son tour de remonter est arrivé et que je l’ai remis sur la platine : QUELLE GROSSE BAFFE !!!!
D’abord sur ce 2ème album il y a un PUTAIN DE GROS TUBE à brailler au stade et au concert. Cependant contrairement à ce qui arrive trop souvent dans ces cas-là cette chanson extraordinaire ne fagocite pas les 13 autres. Et le résultat d’ensemble est un vrai album conquérant !
Dès la pochette on voit qu’il y a du changement par rapport à leur 1er. Le changement, mais pas la révolution, car The Decline a développé sur ce disque ce qui faisait ses caractéristiques dès son œuvre inaugurale : plus Street Punk + Celtic Punk + de mélodies. En y rajoutant des guitares qui quelques fois tirent vers le Rock’n’Roll Fifties et des passages limites westernisants (en même temps la Bretagne : c’est l’Ouest). Et toujours des parties acoustique (avec violoncelle et tout ce qu’il faut pour vous prendre aux tripes) des chansons qui ont assimilées et digérées beaucoup de ce qui s’est fait de meilleur sous l’étiquette ‘Punk’ depuis les années 60 jusqu’à nos jour. The Decline le recrache brillement à travers de titres rageurs et mélodieux !
A écouter souvent. Et très FORT !
[BT]
En concert : Mercredi 3 Mai : The DECLINE! (Punk Rock) + NOT SCIENTISTS (Pop Punk / HC Mélo) + HOSPITAL JOB (Punk Rock, Usa), au Ninkasi Kaos, à Lyon. Gratuit.
Et :
Jeudi 4 Mai : The DECLINE! (Punk Rock) + NOT SCIENTISTS (Pop Punk / HC Mélo), à La Tannerie, à Bourg En Bresse


The ZEMBLAS
Better call Soul!, LP
F.F.Fascination / Dangerhouse Skylab / Ave The Sound
Vu le pied que je prends à écouter leur 1er album, c’est peu dire que j’attendais le nouvel opus des Zemblas avec bien plus que de l’impatience !
Et quand je l’écoute je suis totalement récompensé !
Avec leur R&B / Soul 60’s une fois encore ils réussissent à faire bouger mon bassin en rythme !
Avec leur pédigrée ça n’est pas étonnant mais ce que je trouve formidable dans cet album et ce qui les distingue du tout venant du revival Soul c’est l’esprit Rock qui sous-tend cette musique. La rendant bien serrée et tendue comme il sied. Cependant pas de doute ici il s’agit bien de Rhythm & Blues dans l’esprit original, mais pas scolaire pour 2 sous. Des références, pas la révérence.
Je trouve ce nouvel album plus souple, détendu et léger que le précédent. Mais pas du tout poids léger. Les gars savent faire saillir leur muscle quand il le faut. Mais également jouer onctueux quand c’est nécessaire.
Bref : The Zemblas = grands pourvoyeurs de kiff !
[BT]
En concert : Vendredi 5 Mai : The ZEMBLAS (Soul’n’Garage), au Trokson, à Lyon. Entrée libre
Et :
Samedi 6 Mai : The ZEMBLAS (Soul & Rock) + The REBELS OF TIJUANA (French Pop), au Bouffon de la Taverne, à Genève


ELLI DE MON
Blues Tapes : The Indian Sessions, 10’’ + CD inclus
Pitshark Rds
Encore une merveille de disque signée par cette artiste italienne qui joue seule mais déploie tellement de talent qu’on croirait qu’ils sont 10.
Heureusement que j’écoute longtemps souvent et attentivement les disques, parce que sans ça je serai passé à côté de ce mini album en me disant que finalement ça n’est que ça : un mini album de transition empreint de mysticisme et donc pas fait pour moi.
Cependant j’avais tellement aimé son 2ème album que je me suis obstiné et que j’ai passé et repassé ces 5 titres jusqu’à ce qu’ils entrent totalement en moi !
Car le souci et que ce 25 cm est remplit de spiritualité alors que moi pas du tout. De plus sa reprise de Purple haze est une vraie fausse bonne idée car une chanson aussi puissante, connue et indépassable écrase et phagocyte les 2 premières écoutes faisant paraitre les 4 autres morceaux un peu falots. Cependant m’obstiné m’a fait m’ouvrir à l’univers de la demoiselle qui est toujours aussi beau et magique !
Mantra Blues ? Comme le titre du disque le laisse penser… Folk habité, Death Country Blues fantomatique… Il faut se laisser submerger par ses versions qui vous baladent entre Sud profond et Inde mystérieuse.
Une sorte de double version de la musique des deltas où la guitare se bat en duel avec le sitar…

[BT]

dimanche 30 avril 2017

Chronique : SAMUEL FULLER + concert du 26 avril + LOS PEPES



SAMUEL FULLER
Un troisième visage,
Editions Allia, 680 pages, 20 euros
Publié en 2011 cette autobiographie n’est pas une nouveauté mais je l’ai découvert grâce à l’indispensable réseau des médiathèques grenobloises ! Merci et courage à ceux et celles qui y travaillent !
Whaoo en vrai je me disais que je n’irai jamais au terme des 651 pages de texte. Et pourtant si, car cet ouvrage m’a emporté par son souffle vital !
D’une part parce que Samuel Fuller en bon américain a eu une vie Bigger Than Life, mais aussi parce qu’il la raconte avec un entrain et un enthousiasme qui m’a embarqué dans le tourbillon de sa vie. Issue d’une famille nombreuse, élevé par une mère veuve jeune il a dû comme ses frères et sœurs travailler très tôt. Et il devint pour commencer copyboy (c’est-à-dire le kid chargé de récupérer le papier d’un journaliste et l’emmener le plus rapidement possible à la composition dans une époque où les journaux ont plusieurs éditions chaque jour). Puis il devint naturellement journaliste, spécialisé dans les enquêtes criminelles.
Avant d’embarquer sa machine à écrire et de traverser l’Amérique de la grande dépression en tant que journaliste freelance afin de rendre compte de l’état réel du pays. Dans le même temps il devint romancier. Puis scénariste à Hollywood. Avant de s’engager dans l’armée après Pearl Harbour. Affecté à la 1ère division d’infanterie il débarqua en Afrique du Nord, en Sicile, et à Omaha Beach toujours en première ligne, traversant le continent au grès des batailles jusqu’à la chute du nazisme.
Comme nombre de ces frères d’arme il en revint marqué à vie (ayant participé à la libération du camp de concentration Falkenau il va y tourner des images en 16 mm qui font partie des témoignages indispensables de la solution finale) et tenta de reprendre ‘normalement’ son activité de scénariste dans l’usine à rêves. Cependant il fut vitre tenté de réaliser ses propres films. Il en fit 24 la plupart d’entre eux loin très loin du système des studios.
Durant sa vie il fut aussi acteur, mari et un père. Il vécut la majorité de ces ses dernières années à Paris dans des quartiers populaires où il se sentait bien.
Toujours il écrivit !
Ce qu’il fait longuement ici mais avec maestria et entrain. Pour ses scénarios Samuel Fuller voulait que la 1ère scène « attrape le spectateur par les couilles » ce qu’il réussit pleinement ici et il maintient l’intérêt de l’ouvrage tout au long des pages ! Qui en plus bénéficie de très nombreuses photos.
[BT]
P.S : par un joli clin d’œil du hasard j’ai fini la lecture de ce livre juste avant d’allé interviewer le Reverend Beat Man et j’ai été très frappé par le fait que le discours qu’il tient sur le fait de rester libre, indépendant, ouvert d’esprit, ouvert aux autres et surtout de ne jamais cesser d’être actif correspond tout à fait à ce que prônait dans sa vie et à ce qu’a écrit Samuel Fuller dans son autobiographie. En plus les deux hommes partagent une certaine façon de faire : très cru !


Mercredi 26 Avril : The MONSTERS + The DEVILS + The SLIT PLASTERS La Belle Electrique, Grenoble
Ben merde alors ça fait quand même incroyablement plaisir de voir ce genre de concert dans cette salle ! La forme club étant très adaptée pour ce type d’événement, et comme le public était nombreux, varié et bien chaud (c’est si rare à Grenoble) j’espère qu’il y aura souvent d’autres événements du même type à La Belle Electrique !
Nous avons contribué autant que possible à faire parler autour de cette superbe affiche, notamment avec un plateau radio en direct avant le concert (qui peut se réécouter ici : http://campusgrenoble.org/podcast/aperophonie-plateau-en-direct-de-la-belle-electrique-26-avril). Un super moment partagé avec le Reverend Beat Man l’âme de Voodoo Rhythm Rds / The Monsters, les Slit Plasters et Olivier Dähler le programmateur de la Belle Electrique à propos des prochains concerts à guitares à venir en Juin (le lundi 5 : Shellac / Decibelles https://www.facebook.com/events/392832481091517 et mercredi 7 : Against Me! / The Bronx / Off Models https://www.facebook.com/events/1759763987673681/)

The SLIT PLASTERS attaquent bille en tête avec un putain de gros son et un batteur qui ne chôme jamais. Les nancéens jouent plus puissant et musclé que ce à quoi je m’attendais à l’écoute de leur excellents disques ! Rock Garage musclé tirant parfois vers le Stoner pour le côté sonic. Et rappelant aussi la vague scandinave High Energy R’n’R. Un groupe qui casse tout sur son passage jusqu’aux micros vintages qu’ils utilisent ! Excellent démarrage en trombe pour une soirée qui ne va pas baisser en intensité !

The SLIT PLASTERS cherchent un label pour sortir leur prochain 45 tours !

Débarquent ensuite le duo mixte The DEVILS avec son cérémonial et ses accoutrements anti religieux et là c’est partit pour un set à fond la tête dans leur lessiveuse Trash Blues Noisy ! Ça m’a rappelé les Left Lane Cruiser des premiers temps ou des Soledad Brothers jamant avec les Oblivians en utilisant les excitants de Pussy Galore ! Plein la gueule ! Fruste et libératoire la musique des Devils n’a qu’un but : vous faire sortir tout ce qui coince vos tripes. On fait le plein de sueurs et d’excitations !
J’étais bien curieux de savoir comment le groupe allait s’en sortir sur une scène aussi grande et devant un public majoritairement pas Rock, réponse : en mettant la salle en fusion !

The MONSTERS en ont vu d’autres, m’enfin faut quand même passer après ça !

Comme c’est une  occasion trop rare je suis toujours excité de les revoir sur scène (genre ça ne m’arrive que tous les 6 ans alors ça se déguste). Fidèles à eux même et à leur formule Psychobilly sauvage primitiv’Rock’n’Roll Trash Blues massacrés à 2 batteries.
Ça calme les oreilles ! Et les genoux !!!
Leur dernier album en date l’excellentissime « M » prouvait déjà que leur 30 ans de carrière n’avaient entamé ni leur passion ni leur talent !
Le concert de ce soir démontre une fois encore qu’ils sont un groupe primordial pour l’histoire du Rock européen de l’après vague Punk mais surtout qu’ils sont toujours une machine imparable qui vous filera la danse de Saint Guy jusqu’au bout de la nuit. Une vraie bonne claque pleine plaisir !
Et ils revinrent sur scène une 2ème fois après que les lumières de la salle aient été rallumées tant le public ne souhaitait pas les voir quitter la scène !

[BT]

P.S : merci à Jessica Calvo Riuz et à Chris Youks pour leurs photos !


LOS PEPES
Let’s Go, LP, CD, Digital
Wanda Rds
Idéalement situé entre Punk 77 (ligné Boys et les Damned vraiment mélodieux) et Power Pop le quatuor ‘anglais’ sort son 3ème album et prouve qu’il est un des meilleurs dans le genre ! Réactivant les fantômes de The Stitches en y ajoutant des grosses pincées de Pop Punk, et d’une sorte de Garage Punk post Hives, ainsi la musique de Los Pepes ne sonne pas uniquement passéiste. En dépit du fait qu’ils assument parfaitement leur(s) héritage(s) !
Avec des refrains ultra accrocheurs grâce aux chœurs hyper présents, et à des guitares barbelées qui tricotent des riffs et des mélodies qui rentrent bien à fond dans les oreilles et dans le cortex.
Une des bombes du genre !!!
[BT]
En concert : Vendredi 12 Mai : LOS PEPES (Power Pop Punk, Uk) The SCANERS (Punk 77), au Trokson, à Lyon. Entrée libre

mardi 25 avril 2017

Chronique JOHAN ASHERTON + The DEVILS



JOHAN ASHETON
God’s clown, CD
Pop The Balloon Rds
Whaoo quelle bonne idée cette réédition !
BRILLANTE même !
Ça en fait des bons souvenirs que ce disque. Que j’ai cherché après avoir vu sa pochette dans Best au moment de sa sortie en 1988. L’année où je débarquais à Grenoble et je trouvais cet album à la médiathèque donc je m’en fis une copie K7. Que j’ai toujours. Malheureusement jusqu’à présent je ne l’avais que sur ce support car quand j’ai commencé à gagner assez ma vie pour acheter des disques en nombre je n’ai jamais réussi à remettre la main dessus. Pourtant j’aime tellement ce 1er album  de Johan Asherton que j’ai acheté tous les autres disques de lui que j’ai trouvé (et je n’ai jamais été déçu). J’ai même eu la chance et le privilège de la voir sur scène et de l’interviewer.
Evidement le 1er contact avec cette réédition c’est sa pochette toujours aussi attirante et mystérieuse ! Signifiante également ! Car dès ce 1er essai solo Johan Asherton plante son personnage entre troubadour et romantique anglais.
Les références que j’entends / vois dans ce ‘God’s clown’ sont Marc Bolan et Nikki Sudden, avec peut-être une petite touche de Donovan (pour le côté léger / planant).
Folk tendance weird, Pop sixties, Glam, Rock éternel… cette musique brille par sa magnificence et son ampleur !
Véritablement le travail sur cette ressortie est magnifique ! On retrouve la brillance du son restitué dans sa particularité très éthérée et avec toujours ce beau clinquant dans les aigus ! Ce CD arrive avec un livret de 16 pages racontant l’histoire du disque, contenant les paroles et avec une iconographie qui sied à l’œuvre ! Et puis il y a les bonus. Pas moins de 9.
On ne va pas ce mentir les bonus tracks en général ne sont que des arguments marketing qu’on écoute jamais plus d’une fois. Ici il n’en est rien ! Bien au contraire ces versions inédites et ses chansons inconnues étendent le plaisir d’écoute !
Ce qui me marque le plus après une foultitude d’écoute de cette réédition c’est : non seulement cet album n’a pas pris une ride, mais en plus il sonne radicalement actuel !
Car si cet album contient une ribambelle de perfect song sa capacité à traverser les époques tient du vrai prodige !!! Voilà : 19 morceaux pour 62 mn d’éternité à rejouer aussi souvent que vous le souhaiterez !
[BT]


The DEVILS
Sin, you sinners!, LP, CD, Digital
Voodoo Rhythm Rds
Si on additionne un et un on arrive (au nombre de membres de The Devils) vite à comprendre pourquoi ils sont sur Voodoo Rhythm Rds : la même utilisation outrageante des uniformes religieux (voyez la pochette de cet album et comparez là avec la celle du Tribute album consacré aux Monsters), le même son Pur Trash, le côté frustre et cru de leur musique… tout concours à les avoir fait remarquer par Beat Man !
Titres courts et percutants avec un son épais mais jamais inécoutable. La voix féminine, tour à tour agressive ou mélodieuse est prépondérante mais parfois celle du gars vient se mêler à la fête Blues Trash Garage de The Devils.
Ouai, pas de doute ils sont parfaitement à leur place chez Voodoo Rhythm Rds !!!
[BT]
En concert : Mercredi 26 Avril : The MONSTERS (Légendes du Garage Trash, Voodoo Rhythm Rds, Bern) + The DEVILS (Duo Blues Trash, Voodoo Rhythm Rds, Naples) + The SLIT PLASTERS (Garage Punk), à La Belle Electrique, à Grenoble



mardi 18 avril 2017

Chronique : ULI JON ROTH + THEE FUZZ WARR + The MONSTERS



ULI JON ROTH
Scorpions revisited, 2CD
UDR
Au mi-temps des années 80 j’ai été un énorme fan de Scorpions (de ‘Fly to the Rainbow’ à ‘Blackout’ tout était parfait chez eux). J’ai énormément, mais alors là je veux dire énormément écouté deux de leur albums : ‘Tokyo Tapes’ et ‘Blackout’. Soit deux maîtres étalons de leurs deux grandes périodes : avec et sans Uli Jon Roth. Celui-ci les quittant après la sortie du double live ‘Tokyo Tapes’ désespérée par l’évolution Hard Rock macho du groupe.
Suite à quoi il se lança dans une carrière solo où il laissa ses envies de psychédélisme et d’aventures musicales (album enregistré avec un orchestre classique…) prendre le dessus. Publiant des albums qui ont leurs aficionados mais sont loin du succès public énorme de ses ex collègues.
Quand j’ai appris sa venue à Grenoble je suis allé au Metallian Store, 7 Av du Général Champon à Grenoble https://www.facebook.com/MetallianStore pour acheter son dernier disque (depuis est sorti le splendide coffret ‘Tokyo Tapes Revisited’) afin de faire le point sur l’état actuel de son œuvre.
Comme le titre l’indique il rejoue donc les titres qu’il a composés pour Scorpions. Je craignais un truc trop vaporeux mais pas du tout ! Le son est très puissant et les versions certes bien dans l’esprit 70’s Rock Psyché comme le bonhomme les aime, mais aussi musclées et tendues.
Ensuite je craignais que ce disque soit écrasé par mes souvenirs des enregistrements de Scorpions que j’ai tatoués dans mon âme. Là également excellente surprise car ces revisitassions s’éloignent assez des originaux pour en renouveler le plaisir d’écoute !
VIVEMENT LE CONCERT !
[BT]
En concert : Jeudi 27 Avril : ULI JON ROTH (ex Scorpions) joue ‘Tokyo Tapes Revisited’ + Guests, à L’Ilyade, 32 rue de la Fauconnière, à Seyssinet-Pariset


THEE FUZZ WARR
Emporium & overdose, LP, Digital
Area Pirata Rds
Celui-là est un rescapé du capharnaüm qui règne chez moi ! Je l’ai écouté immédiatement après réception comme tout ce qui vient de chez Area Pirata tant ce label distille d’excellents disques. Puis le CD promo s’est perdu dans les piles de disques mal rangés… Finalement par hasard je remets la main dessus et là : PAN je me le mange en pleine gueule. Après seulement une écoute tous les titres me reviennent en pleine gueule.
Le nom de ce groupe vous donne des indications essentielles pour imaginer leur musique.
Garage Punk bien sonique et bien Fuzz. Imaginez Thee Oh Sees qui n’aurait pas perdu ses burnes. Noisy Blues à la chrome Crank, ou une sorte de Pussy Galore en pleine descente de subutex. Parfois même on pourrait penser à un Kraut Rock sale, tribal, répétitif et hanté.
Mais toujours fait en gardant à l’esprit qu’il y a un auditeur au bout de la chaine et donc leurs titres ne se perdent jamais dans des délires de muzicos.
Pour ce 1er album le duo italien (un Last Killers et un Hormonauts quand même) met la barre plus que haut. Au sommet pour un disque accrocheur en diable !!!
[BT]


The MONSTERS
M, LP, CD, Digital
Voodoo Rhythm Rds
Cette jolie pochette pourrait faire croire qu’avec le temps les Monsters se sont calmés. Il n’en est rien ! Du tout ! Et dès l’enchainement des 2 premiers titres on comprend qu’une nouvelle fois on n’est pas là pour rire.
Car oui les Monsters balancent un nouvel album mais ils font ça comme un uppercut vers tous les minets Indie quelque chose, ici on est en plein Trash Primitive Garage Rock’n’Roll qui déglingue. Le quatuor bernois ne sort pas un album uniquement pour commémorer les (presque)  30 ans de leur label, mais surtout parce qu’ils ont la rage et le feu sacré qui dévore leurs entrailles. Alors ils nous immergent dedans afin que l’on baigne dans leurs sucs gastriques pour ronger toutes nos résistances et nous faire adhérer à leur culte !
Un groupe comme les Monsters quand il publie un nouveau disque on se demande toujours si il va être à la hauteur de leurs meilleures œuvres. La réponse est : OUI trois fois oui !
Et si vous ne connaissez pas leur univers musicale sombre sale et rampant Trash et excitant alors vous pouvez parfaitement démarrer par celui-ci pour vous laisser conquérir !
[BT]
En concert : Mercredi 26 Avril : The MONSTERS (Légendes du Garage Trash, Voodoo Rhythm Rds, Bern) + The DEVILS (Duo Blues Trash, Voodoo Rhythm Rds, Naples) + The SLIT PLASTERS (Garage Punk), à La Belle Electrique, à Grenoble