lundi 18 septembre 2017

Chronique : GLORIA + The KEYS + OS DRONGOS + RUBY THE HATCHET


GLORIA
In excelsis stereo, LP, CD, Digital
Howlin’ Banana Rds
Ok c’est gonflé d’appeler son groupe Gloria, mais disons que ça oriente vers un certain univers et une certaine période musicale…
Comme le laisse espérer la pochette nous voici également dans un monde féminin, beau, accueillant, douillet, où on s’installe pour tomber amoureux.
Le chant des sirènes qui autrefois tenta Ulysse… Un rêve éveillé et évanescent où les mélodies, les instruments, les voix se mélangent en permanence pour créer un univers BEAU.
Ça me fait un peu penser aux écossais de Haight Asbury, avec la délicatesse des groupes qui sortaient sur Sarah Rds ou K Rds mâtiné d’une délicatesse Pop Sixties…
Je ne m’attendais pas à tomber sur un album comme celui-là ni d’être autant chamboulé par lui !!!
[BT]
En concert : Vendredi 22 Septembre : GLORIA (Pop Psyché merveilleuse) + The SPRING FOLK ORCHESTRA (Folk Rock) + SHAOLIN TEMPLE DEFENDERS (Funk / Soul), au Abattoirs, à Bourgoin-Jallieu. Concert Gratuit !


The KEYS
You can’t beat me if I’m not playing, LP, Digital
Another Rds
La musique de ce jeune homme solitaire (mais très entouré) pourrait être un salmigondis bien pénible et prétentieux. Or pas du tout. Tout au contraire même.
Car Boris Paillard agglomère parfaitement auprès de sa guitare aux cordes nylon énormément d’univers musicaux piochés tout autour de la planète. Pour un résultat qui tient ensemble grâce au côté Indie bricolo tirant vers les 90’s qui fonctionne à plein pour attirer dans son orbite des sonorités venues des Balkans, du Klezmer, de la Mauritanie ou d’Hawaii. Et une vaste gamme d’instruments (violon, saxo, trompettes, banjo, clarinette, mandolines…) et de chœurs, féminins pour la plupart, qui viennent magnifier la voix du jeune homme qui à composer tout ça seul, mais à réunit autour de lui pour enregistrer ce 8ème album au Pays de Galles une vaste sélection de musiciens locaux qui ont parfaitement compris son projet musical !
Magnifique.
[BT]
En concert : Vendredi 22 Septembre : The KEYS (Alt Indie Folk’n’Pop, Allemagne) + MISTER BISHOP (Weird World Music) + HAPPY JOY BLISS (Pop Punk), au Farmer, à Lyon


OS DRONGOS
Out of the box?, LP, Digital
Bleeding Gold Rds
J’avais bien aimé leur 1er EP sortit il y a une paire d’année, j’avais cependant une petite réserve sur le côté fourre-tout. Mais ça n’est plus du tout le cas sur ce 1er album !
Les chansons ont chacune une vraie direction, en dépit du fait que Os Drongos nourrie son Indie Rock de nombreux éléments épars et disparates qu’ils agglomèrent pour créer leur style perso.
Donc nous voici avec un disque qu’on pourrait aussi qualifier de Noisy Pop, ou de Post-Gaze, qui se nourrit un peu de Psychédélisme, d’Indie 90, d’une pincée de Cold (pensez The Cure période ‘Desintegration’), de pleins d’effets (mais jamais trop selon moi) qui parfois plonge loin jusqu’à une Reverb’ façon Surf indolente. Et aussi de beaucoup de voix de types divers.
Vraiment une belle grosse surprise !
[BT]
En concert : Samedi 23 Septembre : OS DRONGOS (Indie Psyché Rock) + JAGANNATHA (Psyché Rock) + performances artistiques en direct, à La Salle Louis Barran, à Moirans (38)


RUBY THE HATCHET
Planetary space child, LP, CD, Digital
Tee Pee Rds
Le quintet du New Jersey nous sert là son 3ème album. Une belle pièce pour les fans de Heavy 70’s qu’ils mélangent de Space Rock avec un petit côté Occult Rock bien sentit !
Les particularités de Ruby The Hatchet sont : les duels Orgue Hammond / Fuzz Guitar, et, l’alternance de chant féminin (principalement) et masculin.
Cependant ce ne sont pas les seuls intérêts de ce disque. Le fait qu’il soit le cul entre 2 chaises le rend difficilement rentrable dans une case. Et par ailleurs ses influences 70’s sont bien nourrie de relent 60’s (un peu Soul parfois, avec quelques moments tirant vers le Weird Folk).
A l’image de sa belle pochette avec cet album on est en présence d’un fort agréable travail ! Qui sans chambouler le monde donne du plaisir et créer du voyage interne…

[BT]

samedi 16 septembre 2017

Chronique : RUBBER EGGS + DEAD END + CORRIDOR + JOSS COPE



RUBBER EGGS
EP, CD, Digital
Autoproduction
Ce trio de Palerme revient avec un nouvel EP sur lequel il donne la pleine mesure de son talent et de sa musique.
La formule Orgue / Basse / Batterie chant produit ici quelque chose d’assez inattendu. Un mélange de Garage Psych Punk bien dans la tradition 60’s et Revival 80 mais très mâtiné par le Psyché Prog italien des 70’s et 80’s (m’étonnerait pas qu’ils écoutent No Strange par exemple mais pas seulement). On trouve aussi une petite touche Heavy 70’s bien tempérée par l’esprit et les mélodies très marquées 60. Un petit relent Weird Folk, une louchée d’Indie narcotique 80 (Spacement 3 / My Bloody Valentine). En plus certains membres ont joué du Post Rock donc ils ne sont pas bloqué dans le passé (la preuve ils mettaient récemment en téléchargement gratuit une cover de Of Montreal).
Résultat on a un travail sur le son précis, compact, pas du tout passéiste (avec utilisation de sonorités de claviers assez variées) et une mise en valeur de la voix de David Orsi qui tient également l’orgue. Cette voix masculine se teinte souvent d’intonations féminines ce qui colore et enrichie leur musique !
Rubber Eggs revendique aussi comme influences The Cure (ça peut s’entendre un peu sur le 4ème et dernier titre de ce EP) et aussi Sabbath & Led Zep’ (là c’est plus par touches pointillistes) une sorte de grand écart dont le point médian serait le Garage Prog Psyché Punk…
Une incroyable découvert que ces RUBBER EGGS ! Depuis 2012 ils ont autoproduit de nombreux bootlegs à écouter sur leur bandcamp…
[BT]
En concert : Mercredi 20 Septembre : RUBBER EGGS (Garage Indie Psych Pop excellent, Italie) + DJ, au Théâtre Le Petit 38, 38 Rue Saint Laurent, à Grenoble. 20h00 pétantes ! P.A.F : 5 euros (+ 2 euros d’adhésion annuelle)



DEAD END
Suicide notes, CD
Crucifux Rds
Fondé à la fin des années 90, sortant son 1er album en 98 sur Dialektik Rds (toute une époque…) Dead End est passé à l’auto production en 2003. Ce « Suicide notes » est leur 5ème album. Et vu la ténacité qu’il a fallu à Wattie leur leader / compositeur / chanteur / guitariste pour sortir ces 16 chansons, ce titre est assez ironique.
En effet il y a un un gap de 7 ans depuis leur précédent album ‘Clusterfucktabulous!’ (que j’avais beaucoup beaucoup aimé), mais ça valait le coup d’attendre. Et pour récompenser les fans de leur patience Dead End sort immédiatement après ce nouvel album un CD 6 titres inédits en édition limité.
Bon je ne suis pas dingue de cette pochette mais sans doute va-t-elle bien avec le sens du thème de l’album…
Musicalement entre le Punk 77 et la Power Pop mais sans revival, ni appliquer de recette, Dead End à une vraie pate pour écrire des chansons mémorables. Et s’amuse avec les codes comme le prouve ce pur titre plein de Oï Oï sautillants.
Sur les morceaux les plus posés la voix tire un peu vers le gros Robert (Smith) ce qui donne une coloration à l’ensemble qu’on a peu l’habitude d’entendre coller avec ce type de musique.
En tout cas une chose est sûre : CET ALBUM EST UNE GROSSE MACHINE A TUBES !!!!

[BT]


CORRIDOR
Supermercado, CD, Digital
Requiem Pour Un Twister / Michel Records
En fait ce qui m’a le plus étonné avec cet album c’est qu’il ne fait pas du tout Rock du Québec : pas d’accent, pas de références au Rock d’ici trop évidentes, pas d’humour un peu balourd… Loin des clichés quoi.
En fait Corridor sort son nouvel album qui les place dans une vague très 2017 de groupes qui puisent à la fois dans l’Indie Rock 90, le Post Punk 80, le Math Rock 2000, le Psyché Rock 2010… Le tout avec une production résolument de maintenant. Et comme pas mal de confrère ils chantent en français des textes intéressants parfois poétique toujours bien écrit et sans accent. Une sorte de croisement entre Julien Gasc et Chocolat disons. Avec une grosse personnalité et un son de guitare très travaillé et assez personnel… Leurs morceaux sont parfois teinté d’un peu de Touching Pop ce qui rend leur musique riche et hyper sortant des sentiers battus !
[BT]
En concert : Mardi 19 Septembre : CORRIDOR (Indie Rock/Post Pop, Montréal) + BRYAN’S MAGIC TEARS (Psyché Rock), au Sonic, à Lyon



JOSS COPE
Unrequited Lullabies
Gare du Nord, LP, CD, Digital
Ce gars est le frère de Julian avec qui il a collaboré pendant un moment. Un pur briton (c’est très évident dans sa musique et son attitude, son chant…) qui joue avec 3 musiciens finlandais et donc cet album a été enregistré à Helsinki. Alors que l’ambiance est pas mal Old England… c’est-à-dire dans un esprit Psychedelia typiquement anglais, avec un côté automnale, romantique, Shelley / Turner… Swinging London, Weird Folk…
Là où cet album est très fort c’est que rien de tout ça ne sonne rance ou passéiste / nostalgique. Certes la vague actuelle au psyché (de pacotille) aide à faire de ce disque quelque chose de pas trop en décalage dans le temps. Mais ce qui frappe avec ce ‘Unrequited Lullabies’ comparé aux puceaux actuels c’est la vaste différence de niveau et de talent. Joss Cope réalisant un album intemporel. Mieux que ça : hors du temps (dans une acceptation qui renverrait pas mal à la New Wave of Science-Fiction pour son côté non conformiste et ambitieux).
Bref un album qui a de la surface et surtout plein d’un max de succulentes chansons !

[BT]

mardi 12 septembre 2017

Chronique : DUSTROY + The COWBOYS + FREAK GENES + HEADCOATEES



DUSTROY
Star in the grey sky, CD, Digital
Autoproduction
Ben il aura été long à venir ce 1er album de Dustroy (beaucoup de changements de personnels expliquent la lenteur du processus) mais ça valait vraiment le coup d’avoir attendu autant, vu que ce disque est bien au-dessus de ce qu’on pouvait attendre à l’écoute de leurs précédents enregistrements (qui étaient pourtant loin d’être nuls).
Avec cet album Dustroy se range dans la catégorie Stoner Metal rampant (si tant est que cela existe). Une musique bien Heavy grâce à la frappe lourde de leur batteur. D’ailleurs sur ce disque la rythmique est primordiale est bien reconnaissable du fait du son limite Batcave / Post Punk Wave du bassiste qui augmente le côté sombre et mélancolique de la musique de Dustroy.
Une sensation renforcée par le côté parlé – chanté de la voix qui parfois s’étire jusqu’aux lamentations.
Et sur ces mid tempo le travail des guitares est saisissant avec un équilibre et une précision qui n’est pas pour rien dans la réussite de cet album !!!
[BT]
En concert : Vendredi 15 Septembre : DUSTROY (Stoner) + STRAWBERRY JUICE (Alt Rock), à l’Engrenage, 27 rue Jean Prevost, à Grenoble. Prix libre.


The COWBOYS
Volume 4, LP, Digital
Drunken Sailor Rds
Cet album était d’abord sortit en cassette et chez Drunken Sailor Rds (j’adore le nom de ce label anglais et son catalogue est vraiment top niveau !) a pensé, et je partage cet avis que ça ne pouvait pas rester ainsi donc le voici disponible en vinyle !
The Cowboys c’est un trio de Bloomington fondé par deux ex Homostupids et un ex Pleasure Leftists (ce qui à moi ne disais rien à priori…) produit là un de ces grands disques de Pop underground intemporels que les afficionados se repasse sous le manteau. Un secret qui se mérite.
Ce disque s’appelle Volume 4 et il y en a bien eu 3 avant qui apparemment s’écoutent par ici : http://musicalfamilytree.com/band/cowboys_the et étaient sorti seulement en cassette et digital. Ce qui dis beaucoup sur le groupe et son attitude hyper maniaque, arty, underground, et snob (ce qui de mon point de vu, et dans ce cas-là, est une qualité).
Des vrais amoureux de la musique en tout cas.
Leur Pop Indie sautillante et souvent up tempo se mérite. Mais quand on tombe dedans il est difficile de s’en passer ! Musicalement il y a dans la musique des Cowboys l’efficacité à la première écoute du T Rex des grands tubes, un côté Art Pop grinçant à la TV Personnalities, la morgue et l’écriture d’un Elvis Costello, une mini touche crooner, l’entrain des Barracudas, et des Buzzcocks. Le tout avec un côté résolument non passéiste assez subjuguant !
Comme en plus cet album contient une grosse cargaison de tubes… je dis : foncez écouter The Cowboys, ils distillent de la joie avec profondeur !
Leur nouvel album éponyme sortira le 23 septembre chez Hozac Rds / Drunken Sailor Rds. J’attends ça avec une impatience !
[BT]


FREAK GENES
Playtime, LP, Digital
Alien Snatch Rds
Comme tout ce qui vient de ce label berlinois je me suis jeté sur cet album avec intérêt. D’autant plus que je trouve leur nom très bon.
Ce groupe mancunnien qui sort là son 1er album 16 titres (c’est gonflé, mais réussit) à une touche totalement anglaise ! Nous ramenant pas mal vers l’Art Punk (Swell Maps), les Buzzcocks du début, Art Brut (le groupe, mais finalement pas que), et pas mal de ce que Billy Childish fait en solo ou avec certains de ces potes dans la veine la plus ‘artiste’, et aussi ça me fait un peu penser à ce que Adam & The Ants faisaient à leur tout début (un Post Punk qui ne connaissait pas de règles, ni très fixé sur une rythmique)…
Enfin vu qu’on est à Manchester (et que les Freak Genes ont déjà de la bouteille avec leurs autres groupes : Proto Idiot et The Red Cords) ils sortent de ces chansons des choses accrocheuses et un peu irritantes, car parfois elles donnent envie de se gratter tellement elles s’accrochent à votre peau !
Finalement bien actuel dans sa volonté de faire un truc loin du mainstream et du tout-venant étiqueté Garage Rock, mais tout en gardant une efficacité quasi Power Pop et avec une touche Indie actuelle.
Enfin foin des étiquettes, descriptions façons pignoleur, et de longs discours, tout ce qui compte c’est que j’aime beaucoup cet album (qui m’a rappelé la fraicheur irrévérencieuse des Squares, la class quoi).
[BT]


The HEADCOATEES
Punk Girl, LP, Digital
Damaged Goods Rds
Pour célébrer les 20 ans de sa sortie Damaged Goods Rds rééditera le 29 septembre cet album des Headcoatees ! Brillante idée !
Quand tu as un titre d’album comme celui-là il faut assumer (et assurer). D’autant plus quand tu te permets de faire des covers de titres aussi connus que : Teenage Kicks, Pinhead et ça plane pour moi. A titre personnel non seulement je trouve ça risqué mais aussi, le plus souvent inutile. Sauf que dans le cas des Headcoatees elles savent ce qu’elles font et sont sûr de leur talent. Et elles le prouvent avec muscle et morgue. En plus elles balancent entre ces classiques leurs compos qui s’intègrent parfaitement à l’ensemble pour aboutir à un album qui claque le baigneur à plein temps !
Medway Sound avec un hommage au boss Billy Childish. Art Punk, revisitation du Rock’n’Roll originel avec l’unique personnalité des Headcoatees.
12 chansons pour un album succulent qui montre toute l’étendue du talent des 4 filles, trop longtemps vues comme les petites sœurs de qui vous savez. Cette réédition arrive à point nommé pour rétablir une vérité historique : les Headcoatees étaient un grand groupe !
Sortie le 29 septembre.
[BT]


samedi 9 septembre 2017

Chronique : VUNDABAR + NEON ANIMAL + COCKROACHES



VUNDABAR
Gawk, CD, Digital
Autoproduction
C’est après avoir été totalement renversé par la prestation de ce trio de Boston lors de la Fête de la Musique à Grenoble que j’ai acheté cet album. Sur lequel ils mélangent l’attitude cool / relâché et ultra compétente si caractéristique de notre époque avec une précision et une force typique de l’Indie Rock des 90’s !
Partisan du syncrétisme ils agglomèrent dans leur musique plein de choses avec un goût très sûr ! Power Pop tendue, Art Rock dansant façon New York 2000, Noise Rock, mélodies Pop intemporelles… Donc Vundabar est pleinement un groupe de maintenant qui en live ne cache pas son amour du College Rock. Mais qui surtout montre sur disque comme sur scène qu’il a quelque chose de plus que tant d’autre. Du talent ? Surement !
En fait les Vundabar tournent beaucoup en Europe et aux Usa car c’est vraiment un excellent groupe en concert. Mais ils ont amorcé la pompe grâce à des disques qui ont donné envie à des organisateurs de se mouiller pour les faire jouer. Et quand j’écoute & réécoute cet album je comprends tellement de façon évidente pourquoi leurs fans se bougent pour les voir !
[BT]


NEON ANIMAL
Bring back Rock’n’Roll from the dead, CD, Digital
Autoproduction
Ça n’est pas seulement le titre du 1er album de ce quatuor londonien, mais c’est également la mission qu’ils se sont fixés ! Une mission sacrée comme il se doit. A la vie à la mort !
C’était d’ailleurs le titre de leur 1er single. Ce qu’on appelle une déclaration d’intention, voir une déclaration de guerre à la médiocrité ambiante !
Cette chanson est clairement un hymne ! Un hymne au Rock qui fait la part belle aux guitares vindicatives et mélodieuses ! Dans une grande filiation Stooges / New York Dolls. Que les Neon Animal mâtinent de la morgue du Punk et de l’efficacité de la Power Pop. Alors quel est l’intérêt de ce genre de références en 2017 ? Vu la quantité de raisons d’être en colère : sortir un putain d’album de Rock incandescent !!!
Bon les gars investit là-dedans n’en sont pas à coup d’essais ! Et ça s’entend ! Ils savent composer des chansons qui marquent et les interprètent avec finesse et rugosité.
Play fucking Loud !!!
[BT]


COCKROACHES  
Rest in pieces,
Area Pirata Rds
On ne le dira jamais assez : une bonne pochette c’est primordiale ! Avec celle-ci on sait immédiatement où on va atterrir. Dans un univers de gentils monstres où on joue à se faire peur en respectant les fondamentaux du genre.
Ce qui n’empêche pas pour autant d’essayé de faire autre chose que ses voisins de paliers. Ce quatuor romain sur ce 2ème album propose un Psychobilly joué sur une rythmique rampante plutôt que trépidante. En fait ils sont fidèles à leur patronyme : blattes / cafards.
Parfois ils accélèrent le tempo mais sans trop forcer et injectent des éléments appartenant au Rockabilly ou à la Surf dans leur mixture pour bien en relever le goût.
Le son de cet album est bien cru, comme il sied à la musique des Cockroaches, finalement pas loin de l’esprit franc et direct d’un groupe comme Dead Moon mais dans un tout autre genre.
Dépouillé certes mais seulement en surface ce disque à un charme vénéneux qui ne tient pas qu’à sa superbe pochette !

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mercredi 6 septembre 2017

Chronique : GRANDMARCH + LANDING ALOUD + ABUS DANGEREUX 143



GRAND MARCH
Growing old, CD, Digital
#14 Rds
Ah ben merde il me rend totalement obsédé ce disque ! Je veux dire cette musique m’obsède tant elle me chamboule l’âme.
Sortant totalement de nulle part (pour moi) le quatuor strasbourgeois déboule avec son 3ème disque, un EP de 6 chansons qui renversent la table !
Je dirai un peu : imaginez les Black Crowes de la période la plus âme américaine rencontrent PJ Harvey dans un champ de coton du Sud profond !
D’ailleurs Grand March reprend Polly Jean, et brillement ! Ils font un sort à son ‘Good fortune’ qui s’intègre parfaitement dans leur répertoire. Leur chanteuse à un registre bien différent : puissant, chaud, envoutante.
Tout comme la musique entre Folk des grands espaces et Heavy 70’s avec de l’âme. Avec un orgue qui donne une chaleur et une vibration hyper intense à leur musique. Et sans jamais se tromper sur le dosage dans leur cocktail formidablement enivrant !

Mon disque du mois !
[BT]


LANDING ALOUD
Argile et tomates,
Autoproduit
Autant je ne trouve pas bon le titre de cet album (il n’a comme avantage que d’indiquer que les chansons ici sont en français, non ne fuyez pas) autant la musique est vraiment une belle découverte !
Très belle.
Ce 2ème album du désormais trio grenoblois a été concocté tranquillement dans leur home studio. Patiemment ils ont assemblés tous les éléments pour produire cette musique qui est difficilement qualifiable. Prenant des élément venant de La Pop, du Rock Indie des 90, d’un peu de Shoegaze (très peu), de la chanson française (très peu également), d’électronique (de façon limitée), de Post Rock (mais sans les clichés) et d’une certaine musique Rock sombre inventive française du début des années 80 (Kas Product, Laurent Sinclair, X Ray Pop, les Jeunes Gens Moderne… mais mélangé de façon totalement personnel ce qui aboutit à une Pop Indie Bricolo et mélancolique qui n’appartient qu’à Landing Aloud !
La voix un peu trainante et les paroles joliment poignantes entrainent une musique qui semble se trainer, mais qui n’est là que pour donner du temps à la musique de s’imposer !
[BT]


ABUS DANGEREUX Face 143
40 pages couleurs + CD sampler
Ce que j’aime bien avec ce méga fanzine c’est que ça donne l’occasion de prendre des nouvelles de groupes et artistes qu’on aime !
Au sommaire : RODOLPHE BURGER, EVAN DANDO (a propos des rééditions chez Fire Rds), VIV ALBERTINE qui donne super envie de lire son autobiographie, PETER VON POEHL : son nouvel album est probablement son meilleur. Deux légendes et deux résidents australiens : JIM DICKSON avec sa carrière à travers plusieurs continents. Et Monsieur KIM SALMON (mon héro). Et on poursuit avec une autre légende venant d’une île (la Corse, personne n’est parfait) : HENRY PADOVANI. Et il fallait aussi une légende parisienne, j’ai nommé JOHAN ASHERTON.
Mais dans Abus Dangereux ils n’y a pas que des vétérans, on trouve aussi des jeunes poussent très prometteuses : WEIRD OMEN (R’n’Garage Trash, j’adore), SERPENT (excellent mélange d’Indie 90 de Blues Trash de Garage et de Pop puissante). BANDA NELLA NEBBIA (Jazz Noise Core de Pologne). GATE TO OTHERSIDE (Rock Punk de Pékin, si si). NOVELLER (la new yorkaise qui aime tellement les pédales d’effets et l’Indie Noise 90). The SOMNAMBULIST des italiens immigrés à Berlin qui proposent un excellent croisement entre Kraut, Indie 90, Post Rock et Pop. MICHAEL NAU qui navigue entre Pop lumineuse et Folk déprimée. FUJIYA & MIYAGI des anglais imbibés de Kraut !
Et aussi 3 groupes français revenants : ACETATE ZERO (Noise), GUERRE FROIDE (Cold) et les OLIVENSTEIN (Punk pour rien faire).
On rajoute QUIXOTE R.P.M. (le label de 1=0 présent sur le CD sampler) et Sonic Trip l’émission de radio qui ont droit à un papier largement mérité !
Des chroniques disques, livres et DVD sur 12 pages et un CD sampler de 12 titres interprétés par les groupes qui sont en gras dans cette chronique. Le tout pour seulement 5 euros chaque numéro ou en vous abonnant : 5 numéros pour seulement 20 euros !
www.abusdangereux.net                               https://www.facebook.com/abusdangereux/
A Grenoble vous pouvez trouver ce n°1453 chez DISC ORAMA 11 rue Beyle Stendhal derrière la poste centrale.

[BT]

vendredi 1 septembre 2017

Chronique: THOMAS SCHOEFFLER JR + DOWNTOWN BOYS + LOURDES REBELS + POISON ARROWS



THOMAS SCHOEFFLER JR.
The Hunter,
Avec ce nom, ce titre et cette pochette, le 3ème album de ce Monsieur intrigue et met dans une ambiance spéciale.
La 1ère chanson sonne comme une sorte de Folk Celtic Punk et me fait voyager aux confins des landes désertes et fantomatiques d’une Irlande fantasmée. Pour la suivante arrive la guitare électrique + la ‘batterie’ et on se tourne vers le versant cru des duos Blues Trash mais qui auraient intégrés les leçons du Rock froid proto industriel de la fin des 70’. La chanson étant irradié / réchauffée par un harmonica qui n’est pas là pour être inutilement bavard.
Musicalement ce “Hunter” est constitué d’éléments de Blues du Delta renforcés par la tradition de Chicago, revitalises par ce que toutes les scènes One Man Band / duo batterie – guitare ont apportées comme résurgences.
L’autre versant de la musique de Thomas Schoeffler Jr. c’est un héritage Country des pionniers (et des meilleurs) carambolé par le Folk des Appalaches et une tradition européenne.
La Musique présente sur cet album est aussi lumineuse que le soleil qui perce les frondaisons, profonde comme la forêt et intense comme la passion.
Les 2 pôles de cet album sont générés par la guitare : électrique ou acoustique. Le son : sa densité, sa noirceur en électrique est parfaitement travaillé et confère au disque une unicité passionnante. La voix se pose délicatement sur ces chansons où le song writing est à la hauteur de l’interprétation sans faille.
En fait cet album d’homme seul joue sur la rareté / le minimalisme dans le seul but de transmettre le maximum de sensations. Ce qu’il réussit totalement.
Ce n’est pas tous les jours qu’on découvre un album pareil. Alors il faut le chérir précieusement !
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DOWNTOWN BOYS
Cost of living, LP, CD, Digital, Cassette
Sub Pop
Avec un titre d’album comme celui-là on imagine que ce groupe à de la colère à transmettre ! Le quintet mixte (à plus d’un titre) est très engagé contre l’homophobie, le racisme, le capitalisme, le fascisme… Ils/elles avaient d’ailleurs nommé leur album de 2015 « Full communism » avec le président actuel il va y avoir encore plus de raisons d’être en colère !
De colère il est question tout au long de cet album, mais pas seulement !
Downtown Boys jouent vite, mais pas tout le temps, ils aiment le Punk, mais pas uniquement. Et en plus ont une vision très élargie du Punk, puisque parfois ça m’a fait penser aux Slits, et pas uniquement à cause de la voix de la chanteuse. Il y a chez ce groupe de Providence un petit côté Pere Ubu sur vitaminé. Voir une touche de Devo.
Un peu de Post Punk mixé avec de l’Indie Noise 90. Musicalement on ne le sent pas perdu parmi les ‘nouvelles’ pousses de chez Sub Pop : So Pitted / Metz / No Age / Pissed Jeans…
Comme l’album est produit par Monsieur Guy Picciotto (de Fugazi) on est ici loin du groupe de Punk de bas étage. La rage transparait parce qu’on entend les choses distinctement !!!!
Certain titres sont chantés en espagnols, par moment on entend des riffs, solo, ou déchirades de saxo, les chœurs viennent par moment soutenir la voix…
Ça rend peut-être sourd à force de l’écouter, mais pour le moment je ne m’en lasse pas !!!
[BT]


LOURDES REBELS
Lolita, LP, CD, Digital
Aagoo Rds
Duo italien Indie Noisy Bricolo Electro Punk Kraut Pop bien dans l'air du temps mais assez sauvage pour être très intéressant. Et suffisamment talentueux pour tenir la distance sur tout un album !
Je ne sais pas ce que signifie véritablement leur nom mais je trouve qu’il sonne bien et qu’il est très évocateur ! Tout comme leur musique. C’est leur 2ème album, le précédent avait déjà été remarqué, mais celui-ci le surpasse largement !
Ils jouent avec les chapelles mais font ça de façon très actuelle / post moderne en mélangeant le tout et en régurgitant leur musique avec talent sans sombrer de l’attitude Arty totalement vaine !
[BT]


The POISON ARROWS
No known note,
File 13 Rds
Superbe album qui nous ramène aux meilleures heures de l'Indie 90. Entre Pop et Noise Rock, un très bon équilibres entre brisures de rythmes et mélodies avec un chanteur qui rappel beaucoup de ceux qu'on a aimé.
Vu le pédigrée de ce trio de Chicago on n'est pas étonné qu'ils produisent ce genre de musique. Ni qu'ils le fassent si bien ! Avec en son sein l’ancien bassiste de Don Caballero, le guitariste chanteur est un ex Atombombpocketknife et Thumbnail. L’enregistrement s’est fait à l’Electrical Audio par Greg Norman qui avait déjà enregistré leurs deux premiers albums. Bob Weston en a assuré le mastering. Scott McCloud de Girls Against Boys est venu pousser la chansonnette sur un de titre et Tony Lazzara (Bloodiest, Sterling…) ainsi que Brian Case (Disappears…) sont venu ajouter des guitares sur un morceau chacun. Bref une histoire d’amitié et de famille musicale… Et ça s’entend !

[BT]

mardi 29 août 2017

Chronique : BEN VAUGHN + A PLACE TO BURY STRANGERS + LORD YOUTH



BEN VAUGHN
Piece of resistance, LP, Digital
Kizmiaz Rds
Il y avait fort longtemps que je n’avais pas écouté et donc encore moins acheter du Ben Vaughn. Mais comme c’est sorti sur un super label (et plus facilement trouvable chez le disquaire) et qu’en plus des amis m’ont dit le plus grand bien de son album d’avant (qu’ils en soient remerciés) j’ai acheté celui-ci. Dès la 3ème écoute je me suis dit : « bon sang la face A quelle merveille », puis : « mais la face B est presque meilleure ». En fait c’est bien là l’intérêt de ce LP : la densité de chansons formidables qu’il contient.
C’est là l’œuvre d’un excellent song writer. Mais aussi d’un interprète fin et doué. Entouré de musiciens à l’unisson !
Quant à la musique qu’on entend sur ce ‘Piece of Resistance’ on est dans le domaine de l’Americana mais version Ben Vaughn donc loin des clichés. Un peu de cajun, un peu de Blues, un peu de Folk. Le tout par quelqu’un qui n’a jamais oublié sa passion première pour le Rock. Bien que principalement acoustique cette album a en son cœur une vibration qui lui donne de quoi nous rassasier nous qui ne sommes pas des accros de la musique de cul terreux.
[BT]


A PLACE TO BURY STRANGERS
Transfixiation, LP, CD, Digital
Dead Oceans – Pias
Putain il fait pas rire le nouveau A Place To Bury Strangers !
J’avais découvert ce groupe par hasard au Nouveau Casino en 2007 et je m’étais manger une énorme tarte. Au point de faire de ce concert un de mes 3 plus marquants de cette décennie ! Rien de moi.
Le problème étant que jusqu’ici leurs albums manquaient de quelque chose pour les rendre vraiment palpitants à mes oreilles… un poil plat (en comparaison de la tornade live, mais également de façon relative). Cependant celui-ci montre leur façon palpitante, urgente, puissante, intense ! Limite violente.
Brut et bruitiste. Noisy au meilleur sens du terme. Acéré et puissant. Avec des titres réellement marquants. Doté d’un son énorme. Consistant et roboratif. Parfois robotique et froide souvent organique et incandescente leur musique vous emplafonne comme il convient !
Oh oui ! Et même bien mieux que ça !!!
[BT]
En concert : Jeudi 26 Octobre : A PLACE TO BURY STRANGERS (Noise maestro, Usa) + BABY IN VAIN (Grunge), à l’Ampérage, à Grenoble


LORD YOUTH
Gray gardens, CD, Digital
BB Island
Quel beau disque un peu mélancolique. Mais pas en permanence, il rappel par certains côtés la période piano bar de Tom Waits (ça ce n’est pas une référence que je dégaine à la légère).
Construit autour du piano et de la guitare acoustique cet album est un rêve de song writer, et il est parfaitement aboutit.
Attention il contient également des moments bien secoué, qui de dépareilleraient pas chez les tenant new yorkais d’une certaine idée du Blues Noisy Garage (Chrome Cranks). Et ils sont présents de façon salutaire afin de donner beaucoup de variété, d’ampleur et de diversité à ce 1er album. De diversité il y en a beaucoup ce qui renouvelle le plaisir de l’écoute, mais cet album reste une œuvre cohérente de bout en bout !

[BT]