lundi 23 mai 2011

Chroniques : Juanitos live + zine + Mars eds Sky + Shoot The Dog + Wino + OK

The JUANITOS, vendredi 20 mai, La Bobine, Grenoble

Il y a toujours une question que je me pose quand un groupe comme celui-là remonte sur scène après une période assez longue d’inactivité : pourquoi ?

Et la réponse est : pour donner le meilleur concert des 6 derniers mois !

Et pourtant les Love Boats, Bellrays et Movie Star Junkies (et dans un genre totalement différent Johan Asherton) avaient mis la barre très très très très haute...

Voux vous rappelez du concert où vous avez le plus dansé ? Et bien portez ça au carré !!!

Je suis rentré trempé comme jamais, et avec un sourire béat sur le visage. Un concert qui va me porter pendant un long moment.

De la même façon que les Batmen pour leur retour, les Juanitos ont l’air de prendre un grand plaisir à être là, et le public prend un pied terrible !

Le public justement, est plutôt composé d’adultes, qui venu pour faire la fête, des vrais gens qui on vrai boulot et une vie normale. Ce qui me change agréablement du public Indie assis sur son balai et ayant trop de questions  à se poser sur son attitude pour rapprocher ses deux mains et applaudir. Là les gens qui on payé leur billet on dansé du début à la fin. Et ça fait plaisir de voir une salle onduler et chavirer pendant 1h45. Qui plus est à Grenoble.

Les Juanitos jouent une sorte de Best Of de toutes leur périodes : Boogaloo / Surf / Mambo / Ska / Garage / Funk / Soul / Eoxtica. Ça bouge et sa secoue des pieds à la tête ! Et ça donne la banane d’une force terrible…
Une libération.
Une exultation.

Voilà ils vont continuer à faire des concerts de ci de là. Franchement je vais être gentil avec vous et je vais vous en prescrire une bonne tranche !!!



et pour ceux qui veulent écouter pour découvrir ou se faire une idée de leur ‘dernière’ période :


Et en + de se superbe moment les Juanitos annoncent l’enregistrement d’un nouvel album à la rentrée 2011.
C’est pas une semaine qui commence bien ça ?


I HATE PEOPLE
n°5
Fanzine
64 pages format A4 ultra remplies avec passion, intelligence et un sommaire formidable :  le plus gros morceaux du zine c’est sur les Big Boys (groupe du Texas de la 1ère vague HC qui mélangeait Punk & Funk bien bien avant tout le monde, avec Tim Kerr à la guitare et Randy ‘Biscuit’ au chant, je ne les connaissais pas mais ça m’a donné très envie de découvrir).

Et aussi de longues et très intéressantes  interviews de l’écrivain anglais John King (dont on ne peut que regretter la fin des traductions en français des ses livres après les monstrueusement bons ; La Meute, Football Factory, Aux Couleurs de l’Angleterre, et Human Punk), le boss de Boss Tuneage revient sur les 20 ans du label qui sort des disques entre Hc brutal et Pop Punk (Exit Condition, Stupids, Big Drill Car, Midway Still, Hard-Ons…), et le directeur de 13eme Note éditions (Dan Fante, Tommy Trantino, Jerry Stahl…). En matière de Rock interview de : The Irradiates (Surf), Hellbats (partit du Psycho pour arrivé à un Rock lourd, sombre, et, très bon), plus les fantastiques  Dead Pop Club avec leur Power Pop modernisée.
Il anime une émission sur Tropiques FM à Bourg en Bresse les samedis de 13 à 14h : interviews, agenda, report, chroniques : R’n’R, Power Pop, Punk, Noise, Hc, Soul, Country…

MARS RED SKY
S/T
CD, Emergence Records - Discograph
Monté comme un side project pour se faire plaisir, Mars Red Sky en donne aussi beaucoup. Surtout si vous aimez le Stoner avec la touche éthérée que certains groupes des 70’s pouvaient atteindre, mais sans le côté prétentieux ou planant chiant, ni solo à rallonge.
Et aussi, il y a cette voix irréelle qui surplombe l’ensemble, sans être mise outrageusement en avant, car la part belle est faites à de longues plages instrumentales. Comme je ne connais pas Calc (enfin si j’ai bien dû en entendre 3 titres), je ne peux pas vous dire si le chant change par rapport à son groupe ‘principale’. Je sais juste que ça donne une coloration unique à ces très bons riff (ben c’est du Stoner on n’y échappe pas). Cette rare tessiture presque évanescente se marie superbement au gras grain des guitares.
Ça peut sembler très classique, au sein d’un style lui-même assez balisé. Mais si vous vous penchez réellement dessus vous découvrirez chez Mars Red Sky ce truc qui les sort largement du lot.
Mars Red Sky le croisement idéal entre l’efficacité de Fu Manchu et le néo psyché puissant à la Black Angels/Warlocks, en prime ils ont une déjà une grosse personnalité. Et en plus ils tournent.

OK
1er Ep
CD, Carton Records
Je ne suis pas versé dans les Ep que je trouve toujours frustrassieusement trop courts, mais peut-être que là c’est la distance idéale pour ce genre de formule, quelque part entre le minimalisme dû à la formation (2 batterie une guitare et des voix) et le côté un peu Indie bricolo. Sur la longueur la fraîcheur et l’excitation aurait possiblement disparue.
Car après écoutes j’ai envie de dire : whaooooo ! Tout de suite je suis tombé sous le charme de la voix dès la chanson inaugurale qui est une sorte de folk, ni anti, ni tradi.
Pop + Indie Rock qui doit plus aux 90’s (façon Chokebore /Girls againt Boys) qu’à se qui se pratique aujourd’hui, sans pour autant en ignorer les enseignements.
Les gars ont un lourd cv et donc savent y faire, mais c’est très frais. Avec des structures justes tarabiscotées comme il faut. Le chant fait beaucoup pour la qualité de l’ensemble. Apportant à la mélodie de la chanson. Ou pas.
Avec 2 batteries et une guitare la structuration rythmique est importante dans la musique de OK, mais jamais envahissante, et, grâce à des arrangements simples les chansons sont fascinantes.
Jeudi 7 Juillet : Knalpot  (Rock Indescriptible, Pays Bas) + OK (Indie Rock Pop) + Bongo 808 (Electronique), au festival Experience(s), au Perriscope, à Lyon

SHOT THE DOG
Join us!
LP (CD inclus) Dead Dog Records
Superbe vinyle blanc avec insert couleur (+ le CD) pour ce power trio de Saint Etienne, formé d’ex Dikheads, Perfect Cousins, Hunchbacks… il y a un savoir faire qui s’entend ! Le bassiste tricote, et, est bien servit dans le mix (un énorme plusà mon avis) il fait la paire avec le batteur. La guitare est sobre mais idéale pour jouer ce style : un Street Punk entre tradition anglaise (Blitz, Cock Sparrer…) et modernité américaine (Rancid) ou suédoise. Un son clair et pêchu (un rien plus abrasif aurait été en meilleure adéquation avec mes attentes dans le genre) au service de titres forcément courts, mais qui ne bastonnent pas à tout va. Supra efficace, avec chœurs à chanter en concerts. En plus Shoot The Dog ne reste pas bloqué sur les ‘clichés’ du genre (même si ils jouent beaucoup avec), et sur un titre comme ‘Fuck you Tim Warren’ ils paient même leur tribut au 1er New Bomb Turks. Bref : du tout bon !

WINO
Adrift
CD, Exile On Maintream Records
LP, Volcom Entertainment
Sur  l’excellent album de 2009 (son 1er en solo après plus de 35 ans de carrière /au sein de : The Obsessed, St Vitus, Spirit Caravan, Second Hand, Place of Skulls, Shrinebuilder) où le gars Wino rappelait qu’en matière de Doom / Stoner il était encore et toujours un des meilleur. Un disque dont je m’étais repu avec délice. J’attendais donc la même chose de ‘Adrift’.
Sauf que là on se retrouve avec un vrai album solo : quasi acoustique et fait presque seul. Donc les premières écoutes j’étais désarçonné. Mais en même temps intéressé.
Moi normalement le folk et l’acoustique ce n’est pas ma tasse de thé (à part 2 artistes du genre que j’aime obsessionnellement). Mais les putains de chansons de cet album finissent par manger le cerveau. Et surtout ce disque entre deux chaises fascine par son inclassabilité.
Folk oui, mais avec quand même une touche Doom, mais pas Metal, malgré les solo parfois épiques, frappés, perdus, qui par moments font penser à ceux du  maître Mark Selton. Beaucoup de Rock aussi là dedans, avec une grosse économie de moyens ! C’est très pro et propre, mais le son respire comme enregistré sur le porche de sa maison, mais sans relents marécageux ou evil.
Et donc cet album est EXCELLENT : par sa capacité à ne pas se trouver où on l’attend (les instrumentaux sont spatiaux, la musique vaste et généreuse, comme sur le ‘III’ de Led Zep mais revu et tellement corrigé par un maître de notre temps). Et puis il y a : la voix, et, les chansons. Le talent c’est surement ça !
Belle pochette onirique, CD gatefold, et à l’intérieur un insert où Wino présente les chansons. On y trouve aussi les paroles. La version vinyle doit être superbe.
http://www.mainstreamrecords.de/

dimanche 15 mai 2011

Chroniques de la semaine du 16 Mai : Feeling Of Love + Love Me Nots + This Will Destroy You +

DAWNSHAPE
Sparse Prism
CD, Anti Heroes Collective
Ce qui m'a tout de suite sauté aux oreilles c'est le côté 80's de cette musique. Mais attention pas celles de carton pâte retro futuriste que les groupes Post Punk ressuscitent, ni le revival eurodance. Non, un truc plus indéfinissable, venant de l'ambition protéiforme de cette musique... Elle ne sonne pas 80, mais ça m'y fait penser, car oui il y a eut aussi des choses à sauver de cette décennie (très peu quand même). En vérité Dawnshape est plus proche de la scène hype/intello/dansante du Brooklyn actuel, mais en restant un poil moins prétentieux. Même si on n'échappe pas toujours à la doxa Avant Math Post Rock, heureusement c'est rarement gonflant. Avec une musique qui ne manque pas d'ambition et de recherche dans les rythmes, les riffs, les instrumentations, le groupe ne se perd pas dans la branlette et propose de très bons titres porté par une voix intéressante.  6 chansons seulement c'est frustrant mais ça fait désirer la suite.


The FEELING OF LOVE
Disolve me
LP ou CD, Born Bad Records - PIAS
Passé la surprise suscité par la première écoute de ce deuxième album, vu le changement d’orientation musicale, j’ai vite sentis que j’allais être longtemps sous le charme de ce disque. Sûrement ce qu’ils ont fait de plus aboutit, intéressant et personnel. On y retrouve mais sans que se soit envahissant des éléments de la scène Neo Kraut actuelle, le tout passé à la moulinette Garage Noisy Bricolo qui caractérisait les œuvres précédentes de Feeling Of Love. Et on se retrouve avec un album riche et sexy, et plus totalement réussit que ce qu’ils ont fait jusque là, intéressant et dense de bout en bout, avec une collection de petites perles parfaitement étonnantes et succulentes à l’oreille. A chaque fois que je me balance cet album je suis abasourdi par sa qualité, tous les titres sont intéressants. Même celui chanté en français (qui est la preuve qu'on n'est pas obligé de faire chiant quand on mélange le Rock actuel et la langue d'ici).  Et puis la production est très ciselée, mais pas du tout aseptisé.


LINNAKE
Ep
CD, Carton Records
Prenez un peu de Penny Ikinger pour le côté abrasif, de Sonic Youth pour le bruitisme contenu, de Shanon Wright pour l'Indie de qualité d'aujourd'hui, de PJ Harvey pour le sens de la mélodie, et de Siouxie  pour la très légère touche 80's, et des Slits pour la colère.
En 5 titres impeccables Linnake arrive à faire l'amalgame de tout ça sans tomber dans le gloubiboulga. Entre moments sensibles et guitares râpeuses le trio fait un écrin à la voix de sa chanteuse qui est mise à sa juste place.  Normalement ce genre de format ça me frustre, là, ça semble la bonne distance (et tout cas pour un groupe si jeune).



The LOVE ME NOTS
The demon and the devotee
LP ou CD, Bad Reputation Records - Socadisc
J'avais bien aimé celui d'avant, mais celui-là WHAOOO.
Avec une production radio freindly mais beaucoup plus abrasive : la guitare et l'orgue agressent juste ce qu'il faut sans verser dans le Garage lofi. L'album attaque bille en tête avec une chanson qui pourrait faire le bonheur des ondes Rock. Et se poursuit avec une pelleté de titres rythmé mais jamais joué à burne. Ni tomber dans les travers de la scène Indie Garage 'à la mode' même si sur un morceau ils ajoutent un peu d'electronica.  Surtout Te Love Me Nots à truffé l'album de bombes dont les déflagrations sont plus ou moins intense selon le désir des créateurs. Car c'est très maîtrisé, même si la colère point toujours. Et en plus là dessus il y a un VRAI TUBE, une de ces chansons pour laquelle à été inventée la touche reapeat et qu'on écoute en mimant les paroles arborant un sourire béat. La chanteuse donne son plein rendement avec un registre plus étendu. Sûrement que le groupe se balade avec une étiquette qui fait qu'on croit connaitre ce disque sans se donner la peine de l'écouter. Ce que je refais encore et encore. De la feel good music ? Sûrement, et alors ?


THIS WILL DESTROY YOU
Tunnel blanket
LP ou CD, Monotreme Records
On pourrait rattacher ce deuxième album à la vague Nu Gaze à condition qu’elle embrase un large panel de son et d’émotions. Car This Will Destroy You n’est pas une pale resucée de My Bloody Valentine, mais le croisement entre Jesu / Burzum (période drone) et de l’électro minimale planante à la Ulrich Schnauss. Entre dureté & bruitiste d’une part, et l’évanescence de l’autre (avec un jolie côté Cocteau Twins / Slowdive). L’ensemble est assaisonné de digressions de guitares à la E.A.R. Totalement instrumentale, cette œuvre joue sur la collision des univers et les émotions créées par ces chocs.  On se laisse porter par la vague de sons que créent savamment les guitares avec ses moments de reflux. Et on se cramponne quand le temps est à la tempête ! Excellente gestion des montées et descentes, avec des passages (rares) quasi Pop.
Pas de chant. D’ailleurs pourquoi faire ?
Une musique ultra ambitieuse où d’autres se sont perdus corps et âmes. Mais This Will Destroy You est à la hauteur de son patronyme et s’oriente vers une direction passionnante. Vivement la suite, et notamment en live !