mercredi 16 août 2017

Chronique : JIM JONES & The RM + LIVINGSTONE + ORK


JIM JONES & The RIGHTEOUS MINDS
Super natural, LP, CD, Digital
MaSonic Rds / Hound Gawd! Rds
Franchement je me demandais ce que ce nouveau groupe pourrait apporter, après le 1er album du Jim Jones Revue je pensais que tout était dit !
Mais il a suffi d’une seule écoute de ce ‘Super Natural’ pour être convaincu du contraire !
Dès le 1er contact avec cet album et sa superbe pochette signée Jean-Luc Navette on plonge dans un univers intense où la beauté noire n’est pas seulement dans le packaging. Bien supérieur à tout ce que Jim Jones & The Righteous Minds ont commis jusque-là, voici véritablement un ALBUM !
Avec son style caractéristique et reconnaissable entre mille qu’il a remis au gout du jour il a déjà plus de 10 ans Jim Jones vous marque dès la 1ère écoute, et en plus cet album contient une noirceur et une profondeur que perso je ne m’attendais pas à y entendre. Le positionnant pas loin des Bad Seeds au meilleur de leur forme mais sans l’ombre ennuyeuse de Nick Cave.
Au niveau rythmes, sonorités, riffs, instruments il y a de nombreux éléments qui étonnent sur ce disque, mais qui apportent énormément à la musique des Righteous Minds les menant vers une dimension supérieure !
Le titre et la pochette promettent des choses que l’album tient haut la main !
[BT]


LIVINSTONE
S/t, CD, Digital
VS Com
Ce jeune groupe frenchy qui sort ce fort goutu 1er album a une démarche plutôt atypique puisqu’ils avaient déjà effectués 3 tournées aux Usa avant de l’enregistrer.
Et la musique de Livingstone aussi nous éloigne de ce qu’on entend généralement de la part des groupes de chez nous. Ils amalgament Indie Rock Bluesy, Stoner allégé, Pop puissante façon 90 dans des chansons qui ont souvent l’impact et l’efficacité du College Rock.
Certains titres sont des modèles du genre et font penser au niveau de l’équilibre entre la tension et la mélodie à ce que les BRMC n’ont plus été capable de faire depuis leur 1er album.
Les morceaux se succèdent sur cet album très bien construit et équilibré, chacun sonne à mes oreilles comme une évidence. La formule du Power Trio fonctionne à plein et Livingstone nous livre de ces chansons qu’on aime dès la première écoute. Et qui misent bout à bout constituent un album que j’aime réécouter souvent. Très souvent !
[BT]
En concert : Vendredi 29 Septembre : LIVINGSTONE (Indie Rock Blues Stoner) + DON PAPA (), au Farmer, à Lyon. Prix libre.


ORK
Orknest, CD, Digital
Autoproduction
Étonnant 1er  album de ce duo vibraphone & batterie (qu’ils ont équipés de capteurs) et à ces 2 instruments ils ajoutent tout un tas de petits instruments… ça produit quelque chose de rarement entendu. Une sorte de Post Rock enjoué mêlé d’Indie 90. D’une touche de Pop, de beaux passages façon Kosmische Musik et de touches d’Exotica Jazzy.
En fait je peine à définir cette musique parce que je ne trouve pas de références ni d’éléments de comparaisons valables (est-ce par manque de culture musicale ou parce qu’il n’y a pas vraiment de musique qui se rapproche de celle de Ork ?).
On peut un peu penser à l’univers aventureux des premiers Peter Gabriel, ou aux disques de David Sylvian & Robert Fripp… ça évoque beaucoup les musiques de films par ses longs passages instruments… Le tout avec un son résolument actuel.
Superbe découverte !

[BT]

dimanche 13 août 2017

Chronique : The DECLINE + ERIC NEUHOFF + BLACK WATCH + BRUCE SPRINGSTEEN



The DECLINE
Heroes on empty streets, LP, CD, Digital
Kicking Rds / Guerrilla Asso / Rural Muzik / Zone Onze Rds / Abracadaboum / General Strike
12 titres constituent ce nouvel album des Punk bretons. Mais attention musicalement The Decline c’est bien autre chose que du Punk bas du front ou du Punk a étiquettes. Ou même simplement un groupe de plus qui a la nostalgie d’un 1977 mythifié.
En fait The Decline fait partit de ces très rares groupes qui essayent d’utiliser un héritage musical et de le mélanger à d’autres pour proposer une musique de 2017.
Le quintet écrit et interprète des chansons qui tirent souvent vers les hymnes pour salles surchauffées où le publique reprend les refrains en chœurs tout en pogotant. Mais surtout ils savent faire ça en maintenant un côté mélodique très fort. Un petit côté Street Punk mâtiné de Power Pop et de Celtic Punk. Mais dans cet album on sent poindre des côté song writer façon Social Distorsion. Une évidente connexion mentale avec le Folk Punk. Et un grand plaisir puisement ROCK !
Depuis leur 1er album en 2011 The Decline sort des disques impeccables, remuants, excitants et vraiment construit. Ce 3ème LP ne déroge pas à la règle ! Son titre : Heroes on empty streets se justifie parfaitement et donne de vraies indications sur son contenu.
[BT]


ERIC NEUHOFF
Costa Brava, 297 pages, 19,50 euros
Editions Albin Michel
Voilà un livre idéal pour la plage ! Et si votre vie de merde vous a piégée chez vous tout l’été ça marche aussi. Peut-être même encore mieux !
Ayant cessé de lire le Figaro depuis de très longues années, c’est la 1ère fois que je lis du Éric Neuhoff (ayant découvert qu’il est l’auteur d’un paquet de livres et ayant adoré celui-ci je vais me pencher sur les autres), mais en fidèle auditeur du Masque Et La Plume j’aime bien le personnage et ses coup de cœur littéraires régulièrement et joyeusement iconoclastes !
Alors ce Costa Brava ?
Pour moi ce fut un de ces trop rares petits plaisirs de lectures ! Pas de grands enjeux thématiques, stylistiques, historico-social et autres conneries qui viennent tellement polluer la littérature française. Mais quelque chose délicatement écrit sur ce qui fait l’essence de la vie.
Les premiers amours qui ne guérissent jamais vraiment. Les histoires ratées. Le soleil blanc. La plage. La voile. Les masques et les tubas qui ont une balle de ping-pong dedans. Le temps de l’innocence. Le temps qui se distend et qui se détend. La chaleur du soleil et de l’amitié. Une époque. Qui est morte et ne reviendra plus. Celle qui lui succède. Puis encore celle qui lui succède.
Parce que nous avons grandit et / ou vieillit. Parce que la vie nous bouscule. Parce que l’ultra modernité à tout balayé sur son passage. Notamment le temps des vacances (envisagé dans toutes les acceptations du mot) pour le remplacer par celui des voyages qui représentent un business tellement plus profitable.
Parce que la littérature persiste à résister à la médiocrité. Et parce que rien ne justifie de s’emmerder avec un livre entre les mains. Je me suis régaler avec ce roman léger et beau comme un coucher de soleil sur l’horizon ;
[BT]
  

The BLACK WATCH
The gospel accourding to John, CD, Digital
The Eskimo Records Label
Ben merde alors je découvre ce ‘groupe’ alors qu’il a déjà publié 15 albums. Ce ‘groupe’ est un des médiums qu’utilise l’artiste John Andrew Fredrick (qui est également peintre et écrivain) pour s’exprimer en musique.
Moi je me suis penché sur cet album parce qu’il se revendique des Soft Boys et de The Church ce qui tout de suite me fait pas mal saliver !
Et bonne pioche parce quel album !
On croirait découvrir un de ces grands disques oubliés de l’Indie 90. Mais sans que ça ne sente le rance et le renfermé contrairement à tant d’œuvre revivaliste. The Black Watch n’est dans aucune nostalgie, il continue à écrire et enregistrer sa musique. Ecrire c’est bien là la première pierre qu’on remarque avec un superbe song writing tout en discrétion et en légèreté. Puis il y a la mise en musique et là aussi c’est la grande class, élégante, précise, innervé de guitares délicates mais jamais mièvres. La mise en son signée Rob Campanella du Brian Jonestown Massacre est idéale car ne tombant jamais dans aucun travers ni poussiéreuse ni moderniste, il fait sonner l’album comme si on avait le groupe en train de jouer dans son salon. Sans esbroufe, dans la vérité de ses chansons !
Si Pop et Indie Rock signifient quelque chose pour vous alors vous allez immédiatement tomber sous le charme de cet album !
[BT]


BRUCE SPRINGSTEEN
Born to run, 650 pages
Editions Albin Michel
Il y a deux sortes de fans de Rock, ceux qui ont vu Springsteen sur scène et les autres. Du moins c’est ce que tous ceux qui l’ont vu live disent.
Désormais on pourra diviser entre ceux qui ont lu son autobiographie et les autres !
Je ne connaissais pas vraiment la musique du Boss avant de m’attaquer à ce pavé (généreusement prêté par un ami) en dehors de la poignée de classiques qu’il a composé et que parfois les radios françaises ont le bon goût de diffuser.
Je confesse que depuis que j’en ai fini la lecture je me suis attaqué aux albums du monsieur !
Cette autobiographie jubilatoire est un gros pavé sur l’œuvre de l’homme et son groupe s’est aussi beaucoup le portrait des époques qu’il a traversé et de ses tourments. Le tout étant incroyablement bien écrit. Ciselé et enlevé à la fois.
Un ravissement de lecteur qui m’a fait aller au terme du livre tellement son souffle et puissant !
[BT]


mercredi 2 août 2017

Chronique : SNIVELLING SHITS + RIPPERS + FAST & LOUD FESTIVAL



The SNIVELLING SHITS
I can’t come, LP, CD, Digital
Damaged Goods Rds
Je ne connaissais rien de l’histoire de ce groupe avant d’écouter cette anthologie qui regroupe tout ce qu’ils ont enregistré.
Fondé en 77 par le Rock critique Giovanni Dadomo (ZigZag, Sounds, The Face) et rejoint par un autre journaliste Dave Fudger et par un gars de Eddie & the Hot Rods et Steve Lillywhite. Leur single étant un des préféré du boss de Damaged Goods Rds dès la création du label il s’empressa de retrouver Giovanni pour compiler avec lui tous les enregistrements du groupe afin de réaliser ce I can’t come qui devint la 3ème sortie de Damaged Goods qui la réédite aujourd’hui. Et on comprend pourquoi :
En parti à cause de la voix de leur chanteur qui fait un peu penser à Johnny Rotten ce disque donne l’impression d’écouter le 2ème album qu’on aurait rêvé que les Pistols enregistrent en 78 si au lieu de sombrer dans le chaos & la dope ils avaient connu une évolution à la Damned avec une certaine maturation de leur song writing. Et une diversification de leurs sources d’inspirations. Sur cette compilation qui est bien le reflet de son époque et du lieu dont elle a émergée on entend en plus de la morgue Punk et du son puissant de la Power Pop estampillée Londres 77 pas mal d’Art Rock à la Rocket From The Tombs / Velvet Underground (comme le prouve l’utilisation du riff et de la mélodie de Waiting for my man). Et je sens aussi dans ce disque pas mal d’écho de la grande tradition du Music-Hall anglais et un peu de l’arrogance élégante des Kinks…
Bref dans le genre le top ! Ce disque contient son lot de surprises et il réussit l’exploit d’être à la fois un moment d’histoire et un super album ! http://www.damagedgoods.co.uk/
[BT]


The RIPPERS
A gut feeling, LP, CD, Digital
Slovenly Rds
Whaoo c’est déjà le 5ème album de ce groupe sarde. Ceux-ci sont plutôt discret dans une scène italienne très fournie et remuante, comme ce LP à mit pas mal de temps à émerger et qu’en plus leur patronyme n’est pas le plus ‘mémorable’ du monde vu le nombre d’homonymes, il est vrai que je les avais un peu oublié. Et donc quand j’ai écouté ce ‘A gut feeling’ pour la 1ère fois j’ai été un peu désarçonné. Vu que c’est sur Slovenly Rds je m’attendais à quelque chose de plus sauvage et arraché.
The Rippers (enfin ceux-là) pratiquent une sorte de Rhythm’n’Beat très marqué mi soixante. Un style qui n’a jamais eu trop mes faveurs (trop de groupes scolaires le doigt sur la couture, un balai dans le cul, et trop de reprises sur les disques). Là avec les sardes on est un peu dans un univers différent vu que qu’eux rajoutent pas mal de sauvagerie dans leur musique une petite touche ‘Punk’ mixé d’élégance Mod et quelques digressions Freakbeat de fort bon aloi ! De quoi intéresser mes oreilles à leur musique. Et même plus que ça. Car l’album regorge de petites trouvailles qui rendent les chansons bien différenciables les unes des autres et augmentent l’envie de le réécouter. Surtout si vous les jouez FORT !
[BT]


Vendredi 28 Juillet : FAST & LOUD FESTIVAL, avec : The LORDS OF ALTAMONT (Heavy Garage, Usa) + LES LULLIES (R’n’R, Slovenly Rds) + DEAD CROWS (Heavy R’n’R), à Mâcon. Gratuit ! https://www.facebook.com/fastandloud.fastandloudmacon

La route ayant été longue, le repas très bon, tout comme le vin (de Mâcon of course), et la compagnie excellente nous avons raté la prestation du 1er groupe.
C’est donc avec les Lullies que cette soirée démarrera pour nous. Ce jeune quatuor montpelliérain arrive précédent d’une flatteuse réputation. Ils jouent vite et sec une sorte de Garage Power Pop tendu / Punk 77 direct, rapide donc mais restant mélodieux. Dans l’esprit des Briefs selon le commentaire d’un de mes amis. Il m’a semblé que les Lullies avaient un peu de mal à se sentir à l’aise sur une scène si grande (le Fast & Loud c’est une vraie grande scène de festival avec grosse sono et lights en conséquence posé sur les quais de Saône au centre de Mâcon, et c’est gratuit). En plus il semblerait que les retours n’étaient pas forcément très bien réglés pour eux. Cependant les Lullies emportent le morceau haut la main. Ce qui n’est pas évident car si une frange du public est constituée de vrai fans de Rock attirés par l’affiche le plus gros des gens présents sont venu par curiosité puisque c’est gratuit…
Le 1er EP des Lullies est épuisé. Leur 2ème arrivera cet automne sur Slovenly Rds (un évident gage de qualité) et je suis impatient de l’écouter !
Ils tourneront en Italie, Sud de la France et en Espagne en septembre et cherchent des dates dans le reste de la France pour octobre et novembre. Avis aux amateurs.
Les Lords Of Altamont n’avaient pas joués ensemble depuis 3 ans. Ce concert à Mâcon était le 1er du mini tour servant de warm up au gang avant la longue tournée d’Octobre / Novembre de promotion de leur nouvel album « Wild Sounds » à sortir début octobre.
Pour dire le vrai le Fast & Loud on y vient entre amis pour passer du bon temps ensemble et soutenir le travail de la formidable équipe de passionnés qui organisent tout ça.
Leur programmation est toujours excitante mais ça n’est pas forcément ce qui compte le plus pour moi.
Sauf que là c’est la grosse baffe !
Il me semble que jamais le Heavy Garage R’n’R des Lords Of Altamont n’a sonné aussi bien ! Aussi fort ! Aussi compact !
Whaoo quelle tornade, par moment j’ai eu l’impression d’entendre et de voir la rencontre du MC5 avec Led Zep et Black Sab. Avec un show comme ça on comprend pourquoi les Lords of Altamont transcendent les chapelles ! Si vous aimez le Heavy R’n’R, le Stoner, le Grunge, le Garage… bref le ROCK sachez que l’esprit de la chose infuse toujours dans les veines des Lords of Altamont !!!!
Leur nouveau single « Going downtown » est terrible, il préfigure le nouvel album qu’on attend de pied ferme !
Merci le Fast & Loud et à l’année prochaine !
En concert : Samedi 7 Octobre : The LORDS OF ALTAMOND (Heavy Garage Rock, Usa) + The EXPERIMENTAL TROPIC BLUES BAND (Rock’n’Roll, Belgique), aux Abattoirs à Bourgoin Jallieu